Ename

(race rare)

Quoique dotés d’une apparence totalement humaine, les enames sont une race d’humanoïdes originellement insubstantiels qui doivent lutter pour maintenir une forme tangible, afin de pouvoir vivre sur le plan matériel. Ils forment un peuple sombre, focalisé sur sa propre existence et rancunier envers les difficultés qu’elle lui impose.

Ils ont fait des sociétés humaines leur demeure, mais entretiennent tout de même un certain écart en construisant des enclaves pour les leurs à proximité des lieux habités, où ils peuvent se reposer de leurs efforts. Bien que leurs voisins puissent les trouver étranges, les enames, francs et directs, travaillent pour maintenir une forme matérielle et gagner la confiance de ceux qu’ils rêvent d’être.

Beaucoup de sages croient que les enames sont originaires du plan astral ou éthéré. Qui les a amené sur le plan matériel et pourquoi sont des questions qui n’ont jamais trouvé de réponses, mais il est clair que leur nature surnaturelle amène les sages à suspecter les enames de venir d’un royaume entièrement différent.

Certains supposent qu’ils sont les survivants d’une nation humaine, une cité ou peut être même d’une famille qui a été maudite ou enchantée il y a longtemps de cela. Les similitudes entre les enames et les humains normaux sont notables, et le fait que quelques enchantements peuvent combler le fossé séparant les humains des enames accrédite l’une comme l’autre des deux théories. Mais les enames eux-mêmes n’en savent pas plus sur leurs origines que les sages humains. Et ils ne s’en préoccupent pas.

Matérialistes et pragmatiques

Un ename est concentré, déterminé et pragmatique. Il évalue toujours ce qu’il possède et comment l’utiliser au mieux. Il accorde une grande importance aux circonstances matérielles, aux lois du monde, et même à celles de la société. Pourtant, l’argent, les pierres précieuses et autres formes de richesse sont uniquement utilisées pour améliorer sa vie, par l’achat de fournitures et d’équipement. Elles ne représentent pas un pouvoir potentiel pour lui, pouvoir qui du reste ne l’intéresse pas vraiment. Simplement, il respecte les choses matérielles au plus haut point.

Les enames se divertissent par la musique et les contes, habituellement grâce à des chants mélancoliques et des tragédies. Ils ont toute une tradition de chefs d’œuvres qui va dans ce sens, et qu’ils entretiennent depuis la nuit des temps. Dans leurs pièces, l’individu n’existe pas tant que le besoin de s’articuler au groupe. Et même lorsqu’il est tourmenté, son tourment vient de sa position par rapport à la communauté, résultat d’un éloignement malheureux que ni lui, ni la société n’a voulu. Leurs chants solennels, accomplis en polyphonie, sont particulièrement sérieux et poignants. Même si l’art offre un certain divertissement, il n’est point chose frivole chez eux.

Les enames détestent le gaspillage. Ils échafaudent constamment des plans et s’organisent pour dépenser le moins possible d’efforts ou de biens. Ils sont méticuleux et soigneux avec leurs affaires, et préfèrent utiliser un objet reçu en héritage et entretenir régulièrement leur équipement que d’en acheter un nouveau. Cependant qu’ils examinent toute chose qu’ils découvrent afin de déterminer comment ils vont pouvoir en faire usage.

La malédiction ename

Toute cette détermination à éviter le gaspillage, et cette espèce de révérence qu’ils ont vis à vis des objets du quotidien, amènent parfois à penser qu’ils sont cupides. En réalité, leur attitude peut s’expliquer par leur « malédiction », leur éloignement de la matière même. En effet, cet éloignement requiert énormément de concentration de leur part pour être compensé. Ils doivent faire des efforts constants pour toucher et interagir avec les objets physiques ; lorsque leur concentration défaille, les objets leur passent au travers du corps comme s’ils n’existaient pas. Et bien que peu de chose peuvent les tuer, cela n’en est pas moins pénible pour autant – presque autant que s’il nous passait un objet à travers le corps. Même les armes non magiques, qui ne sont pas létales pour eux, leur causent de la douleur. Et les enames ont besoin de manger, boire et dormir comme des humains. Or consommer de la nourriture et des boissons nécessite là aussi effort et concentration. Dès le plus jeune âge, un ename apprend à se focaliser sur la matière, à en étudier la nature profonde, à apprendre le nom, la nature et l’usage de chaque chose : c’est une question de vie ou de mort.

Un physique familier

Les enames mesurent entre 1 mètre 50 et 1mètre 80, et pèsent entre 60 et 100 kilos. Les hommes sont généralement un peu plus grands et lourds que les femmes. Cependant, existant de base dans un état partiellement éthéré, leur poids est considéré comme le dixième de sa valeur. Il ne se complète que lorsqu’ils se concentrent pour interagir avec des personnes ou des objets. Un ename qui se concentre apparaît complètement humain. Mais s’il cesse de le faire, il ressemble à un fantôme.

Les enames ont la peau qui varie du blanc de l’albâtre à légèrement tannée. Leurs cheveux sont bruns, blonds ou châtains et la plupart d’entre eux, hommes comme femmes, ont tendance à les garder courts. Chez eux, des cheveux longs sont signe de déviance. Leurs yeux sont habituellement marrons, mais peuvent aussi être bleus, verts ou gris. Ils s’habillent modestement. Leurs vêtements coupés simplement et dépourvus d’ornement sont le reflet de leur conviction et de leur pragmatisme. Comme les humains, ils atteignent l’age adulte vers 15 ans et vivent environ 100 ans.

Un constant désir de relations solides

Les enames œuvrent à établir de solides relations de travail avec les humains, qu’ils considèrent bien souvent comme la clé du monde matériel. Pour un éname, les humains sont l’énigme dans laquelle tout, jusqu’au détail le plus bénin, est à étudier, à comprendre, pour accéder à la matière. Ils recopieront leurs rites, leurs façons avec plus de sérieux que n’en observerait un humain lui-même, ne sachant point qu’est-ce qui leur permet, exactement, d’être matériels. Ils œuvreront dans les grandes cités, facilement cosmopolites, mais parfois aussi dans les villages, où leur présence est parfois part des traditions locales. Ils n’y visent pas le pouvoir, se contentant de postes d’assistants chez des artisans de renom, de relations avec le petit peuple, bref, aux endroits où il leur semble le plus possible d’apprendre sur les choses et les manières d’être qui leur sont relatives. Les critères sur lesquels la grandeur hiérarchique est établie dans une société humaine leur échappent totalement : un comportement ename typique consiste à montrer la même déférence au plus bas des pauvres qu’au plus puissant des riches.

Les réactions des humains envers eux peuvent varier du tout au tout. Quoique les enames s’efforcent presque toujours de cacher leur nature véritable, la plupart des gens les trouvent de toute façon perturbants, distants et amers. Ceux qui sont habitués à les côtoyer sans se douter qu’il s’agit d’une autre race pensent la même chose, mais tendent à être plus indulgents envers ces défauts, surtout une fois que les enames leur ont prouvé leur qualité au travail, leur perfectionnisme désintéressé.

On les prend volontiers pour des humains qui auraient vécu quelque chose de trouble sur lequel il vaut mieux ne pas trop les questionner. C’est bien souvent que certains parviennent à se rendre irremplaçables, et toute distance ne tarde alors pas à s’effacer – même s’il arrive que la relation soit encore perçue par l’entourage humain comme bizarre, voire comportant quelque chose d’inquiétant.
Les choses peuvent devenir plus compliquées si un ename ne parvient pas à maintenir un effort constant et une discipline stricte. Un humain peut réagir extrêmement fortement si un ename dévoile son aspect insubstanciel, ce qui ne manque pas d’arriver s’il se montre insouciant ne serait-ce qu’un instant. On a vu des amis humains fidèles, particulièrement dans les milieux simples, devenir à moitié fou pour le lien qu’ils entretiennent avec un ename, et pour cette terrifiante raison d’aucun les considère comme d’authentiques fantômes. Dans certaines sociétés, on en fait des esprits, des êtres divins ou démoniaques qui essaient de s’insérer au monde des hommes, tentative qui finit alors toujours mal. Il n’y a pas d’intégration sans rigueur absolue pour les enames.

Les enames tolèrent les nains et les demi-orques aussi bien que les humains, bien qu’ils préfèrent la compagnie des nains qu’ils trouvent plus fiables. Les réactions naines envers les enames sont souvent plus favorables, peut être parce qu’ils partagent la même personnalité austère. Ils ne font pas l’objet chez eux des mêmes superstitions que chez les humains, et de toute façon nombre de culture naine ont l’idée d’une proximité de l’esprit – ou des esprits – et de la matière. Il peut même arriver que dans certaines cités, les enames soient considérés comme sacrés. Mais un ename n’aura jamais la même passion et le même désir pour le monde nain que pour celui des hommes.

Les demi-orques, pour leur part, semblent ne pas se soucier de leur aspect fantomatique. Dans leur société souvent sauvage, la leçon la meilleure est celle qu’enseigne la survie. Les enames, avec leur obsession pour le terre-à-terre matériel, n’oublient jamais une corde, un couverture, et sont attentifs à toutes les circonstances. Cela suffit généralement. Par contre, les enames ne se sentent aucune parenté avec les gnomes, halfelins et elfes, partiellement à cause de la légèreté et de l’insouciance avec la laquelle ces races abordent la vie, leur rappelant sans doute qu’eux même n’y ont pas droit. Rétrospectivement, les elfes considèrent que les enames sont dotés d’une intolérable suffisance (il faut dire que les enames n’accordent aucune importance aux choses de l’esprit, qu’ils jugent souvent péjorativement), d’un manque d’imagination et de sensibilité, et essayent par tous les moyens de les éviter. Pour eux ils ont tous les défauts des humains, en pire. Et pour un gnome ou un halfelin, un ename doit généralement être ignoré à cause de son absence totale de sens de l’humour.

Un penchant pour la loi et la neutralité, une transcendance possible

Les enames montrent clairement des tendances loyales. Les alignements chaotiques sont rares car ils amènent un comportement dépensier et préjudiciable à l’intégration, ce qu’ils ne peuvent endurer : un ename qui montre sa vraie nature pourrait mettre en danger une communauté toute entière, et dilapider les précieux bien qu’il a fallu tant de temps pour connaître. Trop pragmatiques pour être réellement bons, les enames ne sont pas non plus assez égoïstes et cupides pour être mauvais, et la plupart se situent donc entre les deux. Cependant, les enames loyaux bons existent, particulièrement chez ceux qui font tout pour aider leur société d’accueil. Ceux-là se montrent ainsi capables de dépasser leur propre frustration et égocentrisme, et découvrant l’intimité exceptionnelle qu’ils ont paradoxalement avec les choses de la matière, se rendent compte d’à quel point cela peut manquer, et être utile aux hommes.

Un passé oublié

Les enames ne possèdent pas de nation propre et préfèrent former des communautés à l’intérieur des royaumes humains, ou nains à la rigueur. Ils n’ont pas de passion identitaire, et n’entretiennent pas la mémoire de leurs ancêtres, qu’ils considèrent contre-productive par rapport à leurs efforts d’intégration. Certes, parce qu’un ename isolé est plus vulnérable aux difficultés du monde physique, et parce que cette intégration est si exigeante qu’ils ressentent le besoin de s’en reposer après une dure journée, ils ont tendance a rester entre eux, et les communautés qu’ils forment sont conçues pour répondre a leurs besoins spécifiques, tout en comportant un certain nombre de codes et d’interdits. Ils élèvent eux-même toute la nourriture qu’ils peuvent, créent leurs propres vêtements et achètent leurs outils chez les forgerons de leur peuple. Ils ont appris que la force de l’esprit ou la magie pouvait leur permettre d’interagir normalement avec le monde matériel. Les sorciers de ces communautés développent les compétences nécessaires pour franchir le pont entre enames et humains qui les entourent. Les communautés Enames sont invariablement dans ou près des cités humaines et les enames font de gros efforts pour maintenir des relations amicales avec elles. Elles représentent toujours un but, l’objectif vers lequel doit tendre la communauté toute entière.

Les enames suivent les divinités humaines, et en connaissent les préceptes et traditions souvent mieux que beaucoup de croyants humains. Il adorent particulièrement les dieux de la loi, la justice ou de l’artisanat, qu’ils prennent pour leurs. Ils aiment à penser que les choses doivent être prévisibles s’ils agissent justement. Une opinion commune chez eux admet qu’ils ont été transformés de l’état d’humain à celui qui est le leur à la suite d’une faute ou d’une injustice profonde. Les enames les plus créatifs (généralement marginaux parmi eux) ont tenté de trouver un remède à leur condition, mais aucun n’a réussi pour l’instant. Beaucoup pensent en effet que la magie ne pourra pas les transformer et que suivre cette voie retardera leur parfaite intégration au matériel. Ceux qui adhérent à cette vision des choses – membres pourvus d’une certaine position dans leur société – essaient d’apprendre à leurs proches à réfuter leur destin, à parfaire leur maîtrise du matériel, et à éviter les erreurs qui pourraient justifier leur chute. Selon les clans, ces erreurs varient du tout au tout, mais tous s’accordent au moins à l’interdit de l’insubstanciel hors de la sphère intime.

Aventurier ename

Les aventuriers enames sont rares. À cause du fort sentiment de devoir et d’appartenance chez ce peuple, ceux qui essayent de faire leur chemin par eux-même dans le monde sont rarement respectés par les leurs, quelque fois même ouvertement vilipendés : on considère que cette indépendance irrévérencieuse ne peut que les mener au désastre, alors même que la révérence est de mise dans tout. Ainsi, les aventuriers enames sont souvent ceux qui n’ont pas réussi à se faire aux règles de leur communauté. Ces individus solitaires sont courageux et déterminés. Quitter leur maison et leur famille n’a fait que renforcer leur caractère et pourrait même les aider, selon eux, à les rapprocher d’une façon de briser la malédiction qui semble se prolonger sur leurs concitoyens.

Noms enames

Obsédés par leur intégration à tous les niveaux au plan matériel, les enames se nomment quasi-systématiquement d’après les prénoms de la société (humaine ou autre) auprès de laquelle ils vivent. Mais la façon qu’ils ont de se nommer eux mêmes peut varier selon les clans : Anème, Ænème (prononcer aénème), Ænèma, Æname (prononcer aéname ou aname), ou Ename (prononcer euname, éname ou en-âme). Si l’origine du dernier nom semble évidente, nombre de sages expliquent les autres par quelque chose comme « sans-nom » ou « dépourvu de nom », ce qui relève peut-être de leur oubli du passé, ou de leur volonté de ne pas être distingués de leurs hôtes.

Traits

Âge. Les enames grandissent et vieillissent au même rythme que les humains.

Alignement : Généralement Loyal Neutre, cela pouvant différer auprès des aventuriers de leur race.

Taille et poids. Les enames sont bâtis comme des humains. Votre taille est Moyenne.

Vitesse. Votre vitesse de base au sol est de 9 mètres. Partiellement insubstanciel (cf ci-dessous), vous avez en sus une vitesse de vol de 3 mètres (stationnaire).

Fascination pour la matière. Vous gagnez la maîtrise d’un outil de votre choix.

Opiniâtre. Un ename part avec un handicap, celui de sa nature. Mais sa force d’esprit lui permet de le compenser. Appliquez la règle des handicaps en considérant que vous avez déjà un handicap sans effets particuliers (uniquement celui d’être ce que vous êtes), ce qui vous permet d’emblée de bénéficier d’un Talent exceptionnel. En outre, au niveau 6, augmentez votre maximum de points de vie de 6 points. Pour chaque niveau que vous gagnez par la suite, vous obtenez 1 point de vie maximal de plus.

Concentration. En tant qu’ename, vous devez maintenir votre concentration pour interagir avec les objets purement physiques, non-magiques. C’est vrai de n’importe quel objet non-magique, y compris d’une arme, d’une armure, d’un vêtement que vous portez, d’un caillou ramassé, etc., mais aussi des créatures. Pour ce faire, vous devez faire un test de Sagesse sur une action bonus. Il n’y a pas de DD : Notez simplement le résultat obtenu. Une fois la concentration acquise, consultez le tableau suivant pour tout objet non-magique ou créature avec laquelle vous interagissez :

RésultatObjet ou créature d’interaction réussie (incluez aussi les résultats inférieurs)
3 ou –Aucun
4 à 6Intime : tout objet courant possédé depuis l’enfance, ou une connaissance intime
7 à 9Familier : tout objet que vous possédez depuis quelque temps déjà, un ami
10 à 13Connu : objet possédé depuis peu mais que avez eu le temps d’étudier, un collègue
14 à 20Type ou espèce familière : objet rencontré pour la première fois mais d’un type bien connu. Un individu que vous ne connaissez pas mais d’une espèce qui vous est bien familière.
21Type ou espèce déjà vu en vrai : un objet nouveau mais d’un type déjà appréhendé sans qu’il vous soit familier. Un membre inconnu d’une espèce dont vous avez déjà rencontré un individu.
22-23Type d’objet ou espèce de créature vue dans un livre, ou dont vous avez entendu parler.
24 et plusTous

Une fois le test fait, si vous n’êtes pas satisfait du résultat, vous pouvez toujours dépenser une nouvelle action bonus pour en refaire un. Et ainsi de suite : il n’y a pas de limite au nombre de test que vous pouvez faire. Si vous avez quelques minutes de calme devant vous (particulièrement si vous pouvez rester nu), le MD peut vous dispenser de lancer le dé (vous considérez alors que vous avez fini par obtenir un 20 sur le d20).

Dès que votre test donne un résultat, vous êtes considéré comme concentré. Pour continuer de l’être, vous devez maintenir votre concentration, exactement comme vous le feriez pour un sort, en ayant recours aux mêmes jets. Cependant, si vous êtes concentré et que vous choisissez par la suite de maintenir votre concentration sur un sort, vous restez concentré pour ce qui est de ce trait racial, tout en étant capable de maintenir votre concentration sur votre sort. Par contre, vous ne pouvez pas plus vous concentrer sur plusieurs sorts à la fois qu’un membre d’une autre race. Le MD peut considérer qu’une émotion forte, particulièrement de la joie, peut forcer un jet de sauvegarde de Constitution pour maintenir votre concentration ename.

Pour porter une armure, un habit, ou quoi que ce soit de non-magique, un ename doit exercer sa concentration. Il suffit qu’un ename reste concentré pour qu’il puisse cumuler les objets portés, les interactions, etc. (pas besoin d’une concentration pour chacun). Il doit aussi le faire pour manger ou boire (et comme un humain, il peut mourir de faim ou de soif s’il ne le fait pas), ouvrir une porte, manipuler les tiroirs d’une commode, toucher quelqu’un, etc.

Si le test de Sagesse donne un résultat insuffisant pour une créature ou un objet donné avec lequel vous interagissez, l’objet ou la créature peut passer selon les circonstances au travers de votre corps, occasionnant une douleur atroce. Les petits objets (anneaux, amulettes…) causent 1 point de dégâts, tandis que les objets plus volumineux causent au moins 1d4 points de dégâts. Le montant exact des dégâts causés doit être évalué par le MD en se basant sur l’équivalent en arme (par exemple, un objet de 1,5 mètre et coupant pourrait occasionner 2d6 points de dégâts, comme une épée à deux mains), ou en phénomène physiques tels que l’éboulement. Vous ignorez cette règle lorsque vous subissez cette interaction sans l’avoir voulue ni vous être déplacé vers elle.

Quand votre concentration est rompue, soit que vous l’ayez décidé vous-même (ce qui ne vous coûte aucune action, comme le veut la règle générale de la concentration), ou que ce soit par exemple suite à des dégâts subits, vous pouvez malgré tout et si vous le souhaitez rester matériel encore quelques secondes. Vous avez jusqu’à la fin de votre prochain tour pour relancer votre concentration afin d’éviter les désagréments indiqués plus haut.

Insubstantialité partielle. Les enames sont partiellement insubstanciels lorsqu’ils ne sont pas concentrés sur la matière. Dans pareil cas, ils sont résistants à tous les dégâts d’origine non-magique. Par exemple, ceux causés par des armes non magiques, mais aussi par des poisons non-magiques, par le feu ou le froid non-magique, etc. Cependant, toujours lorsqu’ils ne sont pas concentrés sur la matière, les dégâts normaux provenant d’une source éthérée agissent normalement. Quand ils sont concentrés, ils ont la résistance à ceux-ci (mais perdent les bénéfices ci-dessus). À cause de leurs efforts, ils parviennent à mieux résister aux attaques d’êtres insubstanciels que ne le feraient des humains, par exemple. Dans tous les cas, les dégâts d’origine magique (y compris ceux provenant d’armes magiques) les affectent normalement, qu’ils soient concentrés ou non.

Les enames non-concentrés ne peuvent pas complètement passer au travers des objets solides comme peuvent le faire les créatures véritablement incorporelles, mais ont quand quand même la possibilité de s’intégrer partiellement dans la matière sans effort ni souffrance. Quand ils choisissent de le faire, ils bénéficient d’un abri partiel (+2 CA et jets de sauvegarde de Dextérité) lorsqu’ils sont à terre, ou jouxtent un mur, un meuble, un buisson, etc. Ils peuvent aussi passer au travers de passage deux fois plus petit que celui dont aurait besoin un humain pour le faire. Ceci ne leur occasionne pas de souffrance, sauf s’ils venaient à « s’enfoncer » d’avantage dans un espace plus réduit ou dans ce qui leur sert d’abri.

Un ename non-concentré obtient l’avantage aux tests de discrétion, en raison de sa semi-transparence, et peut continuer d’affecter le matériel au moyen de la magie. Il peut maintenir sa concentration sur un sort tout en restant insubstanciel : il s’agit d’une forme de concentration différente que celle qui lui permet d’être matériel, même si les deux peuvent être interrompues de la même façon. Enfin, il peut ignorer les résistances aux dégâts contondants, perforants et tranchants des créatures immatérielles. Souvenez-vous tout de même qu’être vu sous sa forme insubstancielle par un membre d’une autre race est considéré comme tabou par votre peuple.

EtatInsubstancielSubstanciel
Le devient…L’est naturellement et le redevient sans dépenser d’action ou suite à une concentration brisée à la fin de son prochain tourSur une action bonus, test de Sagesse nécessaire. Est alors concentré. Cesse d’être substanciel sur rupture de la concentration.
Peut manier ou porter un objet non-magique, peut s’alimenter, peut toucher une créatureSi la créature ou l’objet est matériel : Non, dégâts possibles. Sinon : Oui, ignore la RD.Si la créature ou l’objet est matériel : Oui (selon le résultat du test de Sagesse). Sinon : Non.
Peut manier ou porter un objet magiqueOuiOui
Résiste aux dégâts …De source non-magique, et issus du plan matérielDe source non-magique, et issus du plan éthéré
DiversPoids / 10, avantage discrétion, peut s’abriter dans la matière, volA l’air d’un humain classique, et rien ne peut le détecter comme différent

Objets-esprits. Les enames apprennent à créer des « objets esprits », enchantés par une magie subtile, qu’ils peuvent utiliser sans avoir besoin de se concentrer. Bien que cette méthode permette aux enames d’utiliser des objets usuels comme des humains, le temps et l’énergie dépensés dans la création de ces objets les rend souvent plus coûteux que les objets matériels.

Pour créer un objet-esprit, vous devez disposer des outils et / ou compétences qui serviraient à créer le même objet dans sa version “matérielle”. Le temps de création est doublé et, à chaque fois que vous créez un objet-esprit, vous subissez un niveau d’épuisement qui persiste tant que l’objet est en cours de création.

Les objets-esprits fonctionnent aussi bien lorsque les enames sont concentrés que lorsqu’ils ne le sont pas (une clé ouvrira une porte, une dague infligera des blessures), mais demeurent parfaitement inexploitables pour une autre race. Quand l’ename est concentré, l’objet-esprit a l’air d’être parfaitement normal. Quand sa concentration cesse, il prend un aspect spectral, comme son porteur.

À la vente dans une enclave d’enames, ces objets affichent généralement le double du prix de l’objet matériel équivalent, + 5 po.

La plupart des objets-esprits sont des objets de la vie courante : habits, ustensiles de cuisine, meubles, livres, mais on peut parfois trouver une arme, voire une armure (cela reste rare). Ne suivez pas la règle de l’équipement standard historique / classe à la création d’un personnage ename. Achetez votre équipement en utilisant la règle d’achat personnalisé afin d’acquérir quelques objets-esprits aux comptoirs de votre peuple, au prix indiqué ci-dessus. Si vous utilisez la règle standard, vos objets seront normaux.

Langues. Vous pouvez parler, lire et écrire le Commun et l’Ename.

La langue des enames semble être une variante du commun. Ils utilisent l’alphabet commun, et les deux langues ont des sons similaires. Est-ce une indication que les enames ont développé leur langue à partir du commun, ou qu’ils ont adapté leur langue d’origine à ce dernier ? Ils l’utilisent de toute façon rarement, lui préférant le commun, même s’ils s’y expriment avec moins d’aisance.

Ci-dessus : ce lieu inquiétant est typique des endroits où s’établissent, à la frontière des cités humaines, les peuplades enames. Celles-ci ont besoin de reposer leur discipline une fois rentrées chez elles, et trouvent ainsi matière à quelque tranquillité. Malheureusement, la charge de pareil endroit peut prêter à confusion lorsqu’il en est de leur apparence de fantôme, pleinement visible quand ils pensent que nul ne les observe.

Création de baron.zero, pas mal retravaillée par Snorcraff.